L'actualité

18.12.2017

Le lycée Horticole et animalier de La Tour du Pin (38) convaincu par la Permaculture

Les élèves des filières horticole et vente en jardinerie, tous niveaux confondus, ont pu découvrir, grâce à l'intervention de Martine Delhommeau*, les principes de la permaculture. Cette intervention qui fait suite à la projection du film l'éveil de la permaculture deux semaines auparavant, a permis d'engager un véritable échange entre les jeunes et la formatrice accompagnatrice de projet. Notre conférencière du jour, spécialiste en agro-écologie et permaculture, nous a présenté, par l'intermédiaire d'un diaporama riche d'informations, les valeurs et les principes de l'agro-écologie et de la permaculture.
C'est d'abord par une question, d'apparence toute simple adressée aux élèves, que le débat fut amorcé : qu'est-ce que la permaculture ? Les réponses diverses et variées lancées par l'assistance permirent de faire tomber quelques clichés et de clarifier les tenants et aboutissants de cet art de vivre.  Car il s'agit bien d'un art de vivre ! Au-delà des considérations purement technico- agricoles illustrées par l'emploi de buttes de culture, de forêts jardins, de jardins mandalas et de bien d'autres encore, la permaculture prend en compte une démarche plus holistique de notre relation à l'environnement.
D'ailleurs, tout est dit dans le mot même de Permaculture. Prenons le temps de le décortiquer :
- Perma nous emmène tout naturellement à permanent mais aussi à durable, autonome, cycle, équilibre, conservation, adaptation …
- Culture nous emmène, lui, à arts, éducation, valeurs, responsabilités, connaissances, savoirs faire, agriculture, patrimoine …
Voilà une bonne démonstration pour dépoussiérer ce mot et lui redonner tout le sens que lui ont accordé ses co-fondateurs à travers le monde : Bill Mollison, David Holmgren, Masanobu Fukuoka et plus récemment -et plus proches de nous- Pierre Rabhi, Claude et Lydia Bourguignon.
Le projet permaculturel permet donc de :
- Préserver les zones et ressources naturelles encore existantes
- Créer et multiplier de petits agro-écosystèmes très productifs
- Aggrader (en opposition à dégrader) les espaces de vie de l'homme en respectant la nature et en s'inspirant de son fonctionnement (biomimétisme, écologie)
Pour ce faire, les principes universels de la permaculture (observer, de ne pas agir pour ne pas nuire, d'expérimenter, d'imiter la nature, de recycler, de remplir l'espace, d'étudier les liens d'interdépendance, de favoriser la biodiversité, de prioriser, d'évaluer chaque élément et le système dans son ensemble, d'assumer sa responsabilité, de développer une économie sobre …) sont autant de jalons sur le chemin du permaculteur.
Des exemples concrets de réalisations, tels que la ferme de Jean-Marie Fortier, maraîcher à Québec (sur un hectare) ainsi que la ferme du bec Hellouin en Normandie dont la viabilité économique fut démontrée par une étude de l'INRA, ont d'illustré les propos de Martine Delhommeau.Nul doute que des vocations ont dû naître ou se conforter si l'on en juge par l'attroupement d'un petit groupe d'élèves à la fin de la conférence pour solliciter encore notre intervenante sur le sujet.
*Martine Delhommeau est formatrice et accompagnatrice de projet en permaculture ; elle est également médiatrice culturelle au Musée départemental du Revermont chargée des publics scolaires et de gestion de la collection des variétés anciennes potagères et fruitières patrimoniales et anime 2 cours certifiés : permaculture (CCP ou PDC) à la Ferme du Bec Hellouin et à Saint-Usuge (71) avec Steve Read
et le jardin agroécologique niveau 2, Mas de Beaulieu pour Terre&Humanisme.